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5 ième dimanche ordinaire

Jean Feschet


 
Alors on y va !  


       Chronique:
    21
9

D

'après ce texte de Luc, Jésus avait déjà commencé sa prédication. Depuis combien de jours ou de semaines ? Luc ne le dit pas. Jésus prêchait seul, sans équipe. Mais sa réputation commençait à se répandre puisque «  la foule se pressait pour écouter ».
Apparemment, les enseignements de la « religion officielle » ( la synagogue) ne satisfaisaient pas la foule. Ils  ne répondaient pas aux attentes. Ils n’éclairaient pas la route. Malaise ! Est-ce le destin inéluctable de la majorité des responsables des religions d’être en retard sur la vie ?... 

Première piste de réflexion. On ne peut que faire le parallèle avec notre époque. Constater – malgré certains groupes chrétiens minoritaires dynamiques et en phase  avec les aspirations actuelles – le désamour de la majorité des citoyens français pour ce que dit l’Eglise officielle, et regarder le succès des sectes et des religions de substitution. Regardons les froncements de sourcils désapprobateurs concernant le projet de canonisation de Pie XII, le retour en grâce des intégristes…

Autre axe de réflexion plus positif. Comment Jésus s’y prend-il pour proposer à Simon de le suivre ? Il lui demande un service : le laisser monter dans sa barque pour prêcher plus facilement. Demander un service, se mettre dans la dépendance de l’autre. Attitude opposée à celle  des « évangélisateurs convaincus », sûrs de la justesse de leur cause, qui « apportent leur vérité » sans devoir rien à personne. Attitude opposée aussi aux  manières de faire dans la société de la part des chefs « qui commandent. »

La suite de l’action de Jésus est plus surprenante : cet ordre de pêcher d’un non professionnel donné à des  pêcheurs professionnels qui connaissaient le lac comme leur poche et qui étaient revenus bredouilles de toute une nuit de pêche. Luc ne parle pas des réactions d’incrédulité qui ont dû assaillir la bande de copains. Et pourquoi ont-ils obéi à cet inconnu ?...Et c’est le miracle !

Jésus annonce à la fois la symbolique de cette pêche miraculeuse. « Désormais ce sont des hommes que tu prendras » et le rôle spécial qu’il réserve à Pierre dans l’annonce évangélique alors que les autres sont là aussi : « Tu prendras ».
Le service demandé par Jésus aux pêcheurs s’épanouit en splendide mission pour la vie.
Et là commence à se constituer l’équipe : ils laissèrent tout et le suivirent.

Une question pour aujourd’hui. Savons-nous voir les signes que le Père fait  à deux niveaux : à nous d’abord dans notre vie individuelle et ensuite à l’Eglise en tant qu’institution, nous invitant à « le suivre »  pour être « ses disciples ».

Etre sa présence en ce monde  dont les caractéristiques sont qu’il est en mutation , souvent désespérant, plein de peurs et de doutes. Peurs archaïques toujours prêtes à ressurgir, sur lesquelles surfent actuellement les débats sur l’identité nationale en France. A nous de nous référer à l’espérance évangélique qui nous demande de quitter le passé mort pour bâtir un avenir fraternel à partir des différences culturelles à convertir en complémentarités, en richesses de tous ceux qui vivent sur la même terre.

 


Epitre aux vivants

 

 Pour lire ...
 

Lc 5, 1-11

Chaque semaine ici vous pouvez  vous ressourcer à  un flash d'Évangile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commencement de l' Évangile   de Jésus Christ selon selon saint Luc (Lc 5, 1-11)

Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ;
la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.

Il vit deux barques amarrées au bord du lac ;
les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon,
et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage.
Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule.

Quand il eut fini de parler, il dit à Simon :
« Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit :
« Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ;
mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »

Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider.
Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant :
« Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »
L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui,
devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons.

Jésus dit à Simon :
« Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.