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  1er Dimanche
de carême

Jean Feschet


 
Tu seras
le meilleur si....

 


       Chronique:
    221

E

n ouverture des 40 jours de Carême, les 40 jours de Jésus au désert. Le désert qui évoque avant tout dans l’histoire sainte, la naissance du peuple de Dieu. Et Jésus a voulu ainsi revivre les différentes étapes du Peuple de Dieu. « Mais à la différence de ses pères, il surmonte l’épreuve des trois tentations et demeure fidèle à son Père ».
Evidemment Luc n’a pas écrit ce passage pour donner un sens au Carême qui n’existait pas dans l’Eglise naissante. Le Carême s’est peu à peu structuré pour proposer cette dimension importante de la vie chrétienne- marche avec Jésus : la lutte contre des  tentations fondamentales qui détruisent la vie intérieure et la vie des communautés.

Dans les trois tentations, le démon propose à Jésus de détourner sa puissance de Messie à son service égoïste. On peu lire ici pour aujourd’hui un avertissement du Christ à nous tous : que chacun mette au service de son évangélisation personnelle et de la mission d’évangéliser, les enseignements acquis et tous les dons reçus, sans chercher des avantages pour soi. Danger de vivre sa mission  humaine ou sa fonction d’Eglise comme un faire valoir personnel…

 Ces trois tentations offrent une perspective de Jésus face à trois sortes de pouvoirs : économique, politique, spirituel. Le démon en fait un test majeur du Pouvoir de Dieu , selon lui

Pouvoir économique : «  que ces pierres deviennent des pains ». Cette activité économique lui conférerait une position de puissance. Regardons aujourd’hui l‘allégeance des nations aidées aux nations riches… Jésus  répond en recadrant le débat : « Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme ». Les  biens matériels ne sont qu’une partie des moyens  pour vivre en vrai humain.

Pouvoir politique : « si tu es le Fils de Dieu, jette-toi d’ici (le pinacle du temple) en bas, car il est écrit Il donnera pour toi des ordres à ses anges afin qu’ils te gardent »… C’est le pouvoir de domination , jusqu’au pouvoir sur les anges, qui est sous-jacent. Jésus refuse ces sortes de puissance et gloire liées à un pouvoir de domination où les gens – et même les anges- sont au service du puissant.

Pouvoir spirituel, de chef spirituel, débouchant sur le pouvoir total sur le monde à condition d’adorer le démon, c'est-à-dire de reconnaitre la suprématie du Mal comme un dieu. Diviniser le démon, le reconnaitre comme le plus haut pouvoir spirituel. Ce qui, aujourd’hui n’est pas une simple vue de l’esprit quand on voit à l’œuvre certains pouvoirs économiques et politiques…Jésus refuse ce pouvoir sur le monde dont le prix serait de se placer sous le joug du mal. Il replace le démon dans la perspective de  sa mission à lui : servir Son Père et Lui seul.

Au refus de ces trois sortes de puissances, le démon comprend qu’il est vaincu. Il disparait pour ne revenir qu’à la Passion, comptant sur la mort physique du Christ pour continuer à régner sur le monde.

Lecture possible aujourd’hui. Jésus ne condamne pas tout pouvoir mais il oriente les chrétiens,- et ceux qui acceptent son Message-, vers des contestations radicales, à chaque époque, des pouvoirs en place quand ils se pervertissent. Aujourd’hui du pouvoir de l’argent et des pouvoirs liés au système ultra libéral. Jésus replace, plus profondément les pouvoirs dans la Mission que lui a donnée son Père. Belle indication, pour chacun de nous, dans ses responsabilités familiale, sociale, politique, économique. Et belle indication d’orientation pour les gouvernants civils et religieux pour inventer le monde « écologique » de demain.

 


Epitre aux vivants

 

 Pour lire ...
 

Lc 4, 1-13

Chaque semaine ici vous pouvez  vous ressourcer à  un flash d'Évangile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Évangile   de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 4, 1-13)
 
A près son baptême, Jésus, rempli de l' Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ;
 il fut conduit par l'Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à l'épreuve par le démon. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.
 Le démon lui dit alors : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »
 Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre. »
 Le démon l'emmena alors plus haut, et lui fit voir d'un seul regard tous les royaumes de la terre.
 Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m'appartient et je le donne à qui je veux.
 Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »
 Jésus lui répondit : « Il est écrit : Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c'est lui seul que tu adoreras. »
 Puis le démon le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ;
 car il est écrit : Il donnera pour toi à ses anges l'ordre de te garder ;
 et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
 Jésus répondit : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »
 Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le démon s'éloigna de Jésus jusqu'au moment fixé.